Le Château de Nangis

La construction du château peut-être déterminée vers une époque s’étalant entre les années 1050 et 1100. De par sa première destination, c’était une forteresse.
Différents seigneurs en eurent la possession : la famille Courtry, puis les Britaud à partir de 1193, auxquels succédèrent les Montmorency en 1245.
Le 10 septembre 1498, Marie de Vères devient dame de La Motte-Nangis ; elle épouse le 16 avril 1507, Louis de Brichanteau.
Le château de Nangis fut transformé, par les Brichanteau, en une vaste et magnifique résidence. Il était alors un rendez-vous de grande compagnie, où se rencontraient les Lhospital-Vitry, les Beaufremont, les Coislin, les Rochefort, Habert de Montmort et le duc de Saint-Aignan et où se fréquentaient la duchesse de Longueville, la comtesse de la Suze, la marquise de Sablé et la marquise de Villars.
En 1532, les habitants de Nangis sont autorisés à se cloîtrer pour se mettre à l’abri des larcins, vols, pillages, rançonnements et violences qui se commettent chaque jour. Sont alors élevées les murailles et creusés les fossés, à l’emplacement des boulevards actuels.
En 1626, à la suite d’une ordonnance royale que fit rendre Richelieu, prescrivant le démantèlement de tous les châteaux féodaux, le donjon mâchicoulis, ainsi que tout ce qui pouvait donner un aspect guerrier fut rasé. On ne laissa subsister que les soubassements d’une part et d’autre part, les deux tours d’angle qui existent encore.
En 1742, le marquisat passe entre les mains des héritiers du maréchal Armand de Brichanteau, la famille de Guerchy.
En 1767, les anciens fossés et remparts de Nangis, devenus inutiles, furent concédés au seigneur qui prit l’initiative de les convertir en promenades publiques.
Au cours des siècles antérieurs à la Révolution, d’ illustres personnages furent les hôtes des seigneurs de Nangis : le Dauphin, fils aîné d’Henri II, le roi Charles IX, accompagnés de la reine mère Catherine de Médicis ainsi que Louis XIV, accompagné de la reine mère Anne d’Autriche et le cardinal Mazarin furent reçus dans cette opulente demeure.
Après la révolution, le dernier marquis de Nangis, ruiné, dut vendre son domaine en 1795. Le nouveau propriétaire, un ancien notaire parisien, détruisit en partie l’ancienne demeure seigneuriale et en 1860, ce qui restait, l’aile gauche, fut acheté par la ville de Nangis qui en fit son hôtel de ville.
Il faut noter la présence dans les murs du château de belles peintures représentant les portraits en pied, peints à l’huile des anciens seigneurs et de leurs compagnes.

L’église (classée aux Monuments historiques)

L’église de Nangis est certainement d’origine seigneuriale, car elle s’élève près du château et n’est séparée de ce dernier que par des fossés, aujourd’hui comblés.
La date de sa fondation est inconnue, mais on peut affirmer qu’elle remonte au XIIIe siècle et en attribuer le projet et mise en œuvre à Pierre Britaud.
L’église est un monument d’architecture gothique à lancettes, remarquable par son élégance, sa légèreté et sa régularité.
Les arcades de la nef et du chœur sont couronnées d’une longue galerie circulaire, ou triforium, que surmontent de grandes fenêtres en ogive.
Les voûtes sont en pierre.
Les chapelles, ajoutées plus tard, ne sont pas en harmonie avec le corps principal.
L’église est dédiée à Saint-Martin et à Saint-Magne.
Le 13 juillet 1707 a été bénite la grosse cloche de l’église. Elle pesait environ 5000 livres. Elle fut nommée Marie-Marguerite. Cette cloche fut descendue et détruite pendant la révolution.
Le 25 août 1763 fut bénite la cloche qui est toujours en place, nommée Louise-Gabrielle-Lydie. Cette cloche porte l’inscription : " L’an 1763, j’ai été bénite par M. Charles-Pierre de Biencourt, bachelier en théologie, curé de Nangis, et nommée Louise-Gabrielle-Lydie, par très haut et très puissant seigneur Claude-Louis-François Régnier, comte de Guerchy, marquis de Nangis, chevalier des ordres du Roi, lieutenant général des armées, colonel-lieutenant et inspecteur de son régiment-infanterie, gouverneur d’Huningue et ambassadeur en Angleterre, et très haute et très puissante dame Gabrielle-Lydie d’Harcourt, son épouse, représentés par M. François-Alexandre Legrat, avocat en parlement, bailli et subdélégué à Nangis, et dame Jeanne-Barbe Barrois, son épouse, Nicolas-Toussaint Perre et Antoine Lucian, marguilliers, Pathelin, charpentier, et Grelles, carillonneur."
Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur cette église, contactez M. Jean Thuret, curé de Nangis.

La halle du marché

La halle a été construite dans le courant de l’année 1881 par M. Nicaise, constructeur à Paris, sous la direction de M. Cottin, architecte à la ville.

L’édifice se compose d’une halle rectangulaire de 26 mètres de longueur sur 11,20 mètres de largeur sans compter les auvents.

Le tout repose sur douze colonnes creuses en fonte.
C’est toujours sous cette grande halle que les marché hebdomadaires du mercredi et du samedi ont lieu.

 

 

A visiter autour de Nangis

L’église de Rampillon

A trois kilomètres à l’est de Nangis se trouve Rampillon. Ce village que domine la silhouette majestueuse de son église, fut au Moyen-Âge le siège d’une commanderie de Templiers.

Construite fin du XIIIe début du XIVe à la frontière du Domaine Royal et du Comté de Champagne, elle est un des joyaux de l’art religieux de la Seine-et-Marne.

Son portail, en tous points digne d’une cathédrale, est consacré au jugement dernier.

L’intérieur, d’un ensemble régulier, se compose d’une nef, de deux collatéraux sans transept et de nombreuses autres merveilles que nous vous laissons découvrir…

 

Le site archéologique de la Riobé

Le site gallo-romain de Châteaubleau est connu depuis le XIXe siècle.

C’est à cette époque, en effet, que Victor Burin, instituteur d’un village voisin, identifie les vestiges d’un théâtre et effectue quelques fouilles, notamment dans des puits. A partir des années 1960, son petit-fils entreprend de nouvelles recherches sur le théâtre et sur un sanctuaire de source. Depuis, les fouilles se sont régulièrement succédé jusqu’à nos jours.

La Riobé organise chaque mois d’août un chantier de bénévoles qui permet de compléter notre connaissance de cette importante agglomération secondaire antique.

Trois sites importants ont été découverts :

  • le sanctuaire de source (inscrit aux Monuments historiques).
    Situé à l’extrémité nord du village, il a été fréquenté du IIe siècle au IVe siècle après Jésus Christ. Il s’agissait d’un lieu de culte des eaux guérisseuses comme en atteste la découverte de nombreux ex-voto (objet qu’on suspend dans un lieu vénéré à la suite d’un vœu ou en mémoire d’une grâce obtenue).
  • le second sanctuaire : il s’agit d’un autre ensemble cultuel d’importance où deux divinités étaient vénérées : un homologue indigène de Mercure, et Epona, déesse protectrice des chevaux.
  • le théâtre (classé aux Monuments historiques) : il se trouve à l’est de l’agglomération antique, tout près du second sanctuaire. En forme de demi-cercle outrepassé de 80 mètres de diamètre, il a été édifié dans le courant du IIe siècle. Plusieurs milliers de spectateurs pouvaient s’y réunir.

Pour de plus amples renseignements :

Association "La Riobé"
3, rue de l’Eglise
77370 Châteaubleau
Tél : 01 64 01 67 46
Ouvert du mardi au samedi (visites guidées sur rendez-vous).

Site internet : www.chateaubleau.fr.st

Autres sites dans la région

A quelques kilomètres de Nangis, on peut aussi découvrir un patrimoine architectural important :

  • la cité médiévale de Provins,
  • le château de Vaux-le-Vicomte,
  • la commanderie des Templiers à Coulommiers,
  • le château de Blandy-les-Tours...